Archive pour juin 2009

L’orientation : au service des jeunes et des familles ?, par Bernard Buffard

5 juin 2009

S’orienter, c’est trouver son chemin. Orienter, c’est aider à trouver son chemin. Ce sont les propos mêmes de Xavier Darcos, à Lyon, en septembre dernier, lors d’une conférence sur le thème : « Gérer les transitions : l’orientation tout au long de la vie ».

L’orientation est un sujet très important, qui ne doit pas être pris à la légère, du fait de l’engagement pour une vie professionnelle future et du besoin croissant de qualification.

Par ailleurs, l’orientation est un acte pédagogique particulièrement délicat.

Mais sommes-nous sur la bonne voie pour espérer apporter une réponse à la hauteur des attentes des jeunes et des familles ?

Certes, 50 % des jeunes ont une idée assez précise du métier qu’ils souhaitent exercer plus tard, mais pour l’autre moitié il est nécessaire d’y consacrer du temps et de mutualiser les énergies, finalement de se mobiliser davantage.

Concernant les Forums métiers, ils nécessitent d’être organisés de manière plus structurée.
Aujourd’hui, les démarches sont encore trop dispersées, entraînant un gaspillage financier et idéologique important : opposition public-privé, formation initiale-apprentissage, grandes écoles-université. Quand verrons-nous tous les acteurs réunis pour mener des actions d’information communes et objectives au bénéfice des jeunes ?

Lors des Forums métiers, ce sont bien les métiers (artisanat, industrie, bâtiment, services, santé, administration, professions libérales…) qui doivent être mis en avant et non les formations, l’essentiel étant de favoriser le dialogue entre les professionnels et les jeunes à la recherche d’une voie les menant vers un emploi conforme à leurs valeurs et leur apportant la reconnaissance à laquelle ils aspirent.

Trouver la formation ad hoc pour y parvenir est un jeu d’enfant accessible à tous grâce à Internet.
C’est pourquoi le rôle des conseillers d’orientation psychologues, en relation avec les enseignants et les parents, est d’accompagner chaque jeune, individuellement, de façon personnalisée, dans sa recherche, en analysant ses souhaits, ses goûts, ses aptitudes, son intuition. Cette analyse le mènera sans doute vers de nouveaux horizons. Les liens entre ce triptyque d’acteurs sont d’une importance capitale pour garantir une véritable analyse globale des compétences et des aptitudes. C’est le coaching.

Des outils utiles sont présentés dans l’ouvrage réalisé par Pascale Marmara et Jeanine Over de Linden : Orientation : aidons les jeunes à construire leur avenir, aux Editions Diateino.

Pour y parvenir, les acteurs de l’orientation sont invités à participer aux nombreuses démarches initiées par l’Assemblée des chambres françaises de commerce et d’industrie dans le cadre des Journées nationales portes ouvertes (JNPO) qui se déroulent en octobre de chaque année, mais aussi aux actions menées par les clubs Jeunesse et Entreprises (AJE) proposant des rencontres « Découverte des entreprises » tout au long de l’année.

L’échange entre les dirigeants d’entreprises et les enseignants ou conseillers d’orientation est une source d’information précieuse, et permet de mieux comprendre le métier de l’autre.

Par ailleurs, les jeunes eux-mêmes doivent bénéficier d’un soutien logistique pour découvrir le monde du travail : ses attentes, ses atouts, mais aussi ses contraintes et ses débouchés. Il est donc souhaitable qu’ils se rendent compte, sur le terrain, des différentes facettes des métiers, des conditions de travail, des évolutions de carrière possibles, de l’accomplissement personnel dans l’emploi. Ces démarches doivent être amplifiées dans les collèges et les lycées. L’association Jeunesse et Entreprises joue, là encore, un rôle déterminant grâce à l’action  « Un parent-un métier ».

Enfin, la mise en place d’un carnet de suivi d’orientation, tout au long de la scolarité du jeune, permettrait une certaine traçabilité des démarches engagées (rencontres, visites, échanges…).

Toutes ces propositions figurent dans l’essai dont je suis coauteur Collège-lycée : service public d’éducation ?.

C’est en développant l’information, la sensibilisation, les visites de terrain, les stages, que nous pourrons changer l’image de certains métiers et améliorer l’orientation des jeunes.

Bernard Buffard

Touche pas à mon mammouth

4 juin 2009
Dessin d'Eric Galland

Dessin d'Eric Galland

Agressions dans les écoles : les victimes sommées de se justifier

4 juin 2009

Dans la récente affaire qui a vu un enfant être auditionné à la gendarmerie de Courdimanche (Val d’Oise) pour avoir agressé l’un de ses camarades, c’est l’audition par la gendarmerie, et non l’agression elle-même, qui a suscité l’indignation. Bien que les parents de l’enfant de huit ans agressé aient indiqué qu’ils avaient rencontré l’équipe pédagogique et les parents de l’élève en cause au préalable, sans succès, la plainte a été considérée comme excessive par la FCPE et le secrétaire d’Etat à la Famille, Nadine Morano. Le secrétaire général de la principale fédération de parents d’élèves a déclaré que c’était là «la conséquence directe du discours sécuritaire du gouvernement depuis quelques mois et surtout depuis une quinzaine de jours» (sic). Quant à Mme Morano, pourtant mise en cause, elle a estimé que «le bon sens des parents devrait prévaloir», qu’«il ne faut pas aller à la gendarmerie quand on est capable de résoudre les problèmes soi-même». On en oublierait presque les vrais responsables, à savoir les parents de l’élève en cause et l’équipe pédagogique de l’école.

Plutôt que de rappeler aux parents et au corps enseignant leur responsabilité, on préfère accabler ceux qui la leur rappellent. Dans un tel contexte, comment envisager de mettre un terme à la violence dans les écoles ?

Roman Bernard

Avec tout notre respect, Monsieur le ministre de l’Education nationale, les solutions à la violence scolaire existent !

2 juin 2009

Nos écoles ont été le théâtre d’agressions d’une gravité extrême depuis le début de l’année 2009. Toutes les solutions doivent désormais être envisagées pour protéger les élèves et les enseignants. Mais avant d’impliquer directement les forces de l’ordre dans les écoles, les 80 000 membres de SOS éducation appellent le ministre de l’éducation à mettre en oeuvre des mesures de bon sens, à commencer par :

1. Faire respecter l’autorité des professeurs

Les enseignants doivent être rétablis dans leur mission première, qui est de transmettre des savoirs et non de gérer des problèmes sociaux. Pour asseoir leur autorité, ils doivent disposer des moyens nécessaires : le droit de donner des « zéros de conduite », des punitions, des heures de colle effectivement réalisées, et de décider du passage des élèves dans la classe supérieure, doit leur être rendu.

2. Former les professeurs à la discipline

Instaurer la discipline dans une classe relève essentiellement de

la pratique, mais les grands principes doivent néanmoins être enseignés aux futurs professeurs. L’importance décisive du premier contact avec les élèves, du déplacement du professeur à travers sa classe, de regarder au moins une fois chaque enfant dans les yeux pendant le cours, peut s’apprendre, de même que les principaux pièges à éviter (crier, chercher à attendrir les élèves, ou “copiner” avec eux).

3. Réintroduire la fonction de surveillant général dans les écoles

Les professeurs ont besoin du soutien institutionnel de leur hiérarchie en cas de problème grave avec un élève. La présence d’au moins un surveillant général dans chaque établissement est nécessaire, pour contrôler les entrées et les sorties, prendre en charge les élèves punis et s’assurer que les sanctions soient effectuées.

4. Créer de vrais cours de civisme

L’enseignement moral et civique, tel qu’il a longtemps été pratiqué, est devenu encore plus nécessaire aujourd’hui du fait de la défaillance des familles. Ces cours doivent enseigner aux enfants les règles de base de la vie en société (saluer et se tenir correctement, surveiller son langage, respecter ses engagements, arriver à l’heure, céder sa place dans les transports, respecter les adultes…), et cela dès les petites classes.

5. Exclusion définitive à la troisième infraction grave au règlement intérieur

S’il est normal que les enfants aient le « droit à l’erreur », aucun élève ne doit pouvoir commettre trois infractions graves (stupéfiants, tags, agressions…) dans un établissement scolaire sans être renvoyé.

6. Supprimer la réintégration automatique après exclusion d’un établissement scolaire

L’élève exclu doit accomplir lui-même les démarches (lettre de motivation, sollicitation d’un entretien) auprès des directeurs d’établissements pour demander sa réintégration. Il faut éviter de lui donner l’impression, comme c’est le cas actuellement, qu’il revient à l’Éducation nationale de lui trouver une place ailleurs, et que son « droit à l’éducation » n’implique aucune contrepartie, pas même celle de faire des efforts et de respecter ses professeurs.

7. Restaurer les internats spécialisés

Les élèves posant de graves problèmes de discipline, au point de nuire au bon déroulement des cours et d’empêcher les autres élèves d’étudier, doivent être scolarisés à part, si possible en internat, avec les moyens nécessaires (encadrement, moyens disciplinaires, rythme de vie imposé) pour les recadrer avant de les réintégrer dans le cursus normal.

8. Rétablir les prix et récompenses pour les élèves méritants

Les enfants qui travaillent sérieusement à l’école doivent être valorisés et récompensés de toutes les manières possibles. L’usage des bons points, images, prix, récompenses et bourses au mérite peut contribuer efficacement à distinguer les élèves méritants.

9. Responsabiliser les parents d’élèves

Aucune école ne peut fonctionner sans la participation et la bonne volonté des parents. Afin que certains parents cessent de considérer l’école comme un droit sans contrepartie, ou une garderie gratuite pour leur progéniture, il faut exiger d’eux qu’ils surveillent le rythme de vie de leurs enfants (heure du coucher, télévision, jeux vidéos, suivi des devoirs) et envisager des retenues sur les allocations en cas de défaillance grave.

Monsieur le ministre, nous comptons sur votre sens de la responsabilité pour nous entendre et agir en conséquence.

SOS Education

Pour convaincre le ministre de l’Education d’agir vite, merci de vous associer à cet appel en laissant un commentaire de soutien signé de vos prénom et nom.

Les solutions d’un enseignant aux violences scolaires

2 juin 2009

T. D., enseignant, a préféré garder l’anonymat. Il témoigne des violences en milieu scolaire et propose des solutions.

Comme je l’écrivais précédemment, les violences scolaires sont bien évidemment liées au manque d’éducation de ces jeunes. Beaucoup trop de parents ont démissionné – parfois très tôt – de leur rôle qu’ils n’ont parfois jamais réellement pris au sérieux. J’estime personnellement qu’il faut mettre face à leurs responsabilités ces parents démissionnaires. Cela m’apparaît comme étant l’évidence même. De quelle manière ? La suspension, la diminution, voire la suppression des allocations familiales doit être mise en application. Cette possibilité avait été supprimée en 2004 au profit d’un «dialogue suivi» avec les parents. Le «dialogue suivi», c’est bien mignon au pays de Candy, mais en Seine-Saint-Denis et dans d’autres coins chauds, on s’aperçoit vite que ses limites sont rapidement atteintes et que, bien souvent, on nous prend pour des billes – j’entends déjà grommeler les bonnes âmes charitables qui se refusent comme toujours à toute idée de sanction.

Prenons l’exemple de la sécurité routière, le nombre des personnes tuées sur la route a diminué de manière très significative en frappant l’automobiliste irresponsable au porte-monnaie – avec parfois du zèle, je le reconnais, mais à combien estimez-vous la vie d’un conducteur ? Les résultats sont là. Face aux irresponsables – car je le répète, ce sont des parents irresponsables, ceux-là mêmes qui laissent traîner leurs gamins tard le soir, les laissent affronter la police, ne s’intéressent pas du tout à leurs études, s’étonnent ensuite de les retrouver au commissariat – il n’y a pas 50 solutions, il faut taper là où ça fait mal. Ce serait déjà une bonne partie du travail disciplinaire d’accomplie.

Ensuite, la violence à l’école est aussi liée au sentiment d’impunité qu’ont les enfants au sein des établissements, parfois même très tôt dans leur scolarité pour certains d’entre eux. Alors, cela commence par de petites bêtises, puis ces petites bêtises deviennent progressivement de grosses puis de très grosses bêtises car l’élève sent qu’il peut se le permettre.

Alors, comment y remédier ? Selon moi, cela passe par trois points :

- Le recrutement des surveillants : certains sont des «copains» de la cité pour les élèves, ils les laissent tout faire. D’autres font 1,20m les bras levés et n’ont pas les épaules nécessaires pour faire respecter la discipline dans un établissement.

- Les règlements intérieurs : je suis favorable à une uniformisation des sanctions disciplinaires à tous les établissements de France. Il devrait y avoir une grille commune des sanctions et les élèves doivent savoir que tel type de comportement déviant sera immédiatement pénalisé par tel type de sanction, que ce soit ou non en ZEP. En effet, dans les établissements difficiles, on en est arrivé à sanctionner de trois jours d’exclusion un élève qui insulte un professeur. D’une part, cette sanction lui fait plaisir, car il sera tranquillement chez lui (les exclusions temporaires, voire les heures de colle, devraient être supprimées au profit des travaux d’intérêt général obligatoires), d’autre part cet acte devrait, en toute logique, être sanctionné d’un conseil de discipline (ce qui est le cas dans beaucoup d’établissements, notamment ceux où je suis passé étant élève, il n’y a pas si longtemps…). Nous en sommes arrivés à tolérer des choses intolérables, à élever notre seuil de susceptibilité. Tout cela m’irrite au plus haut point. Les règles devraient être partout identiques. De la même manière, il faudrait supprimer les quotas des conseils de discipline, qui n’ont aucun sens.

- Point sensible, le recrutement des enseignants : corde sensible, sujet tabou, mais il faut bien admettre que beaucoup trop de professeurs ont peur de leurs élèves, c’est fou ! Certains achètent la paix sociale avec des bonnes notes, d’autres se refusent à établir la discipline, ne s’opposent pas à leurs élèves quand cela serait pourtant nécessaire, les laissent tout faire en permettant tout et n’importe quoi, que ce soit dans leur classe ou dans l’enceinte de l’établissement. C’est une réalité qu’il faut bien admettre : les savoirs, la maîtrise des connaissances ne suffisent plus au métier d’enseignant et cela devrait être pris en considération. Il ne s’agit pas seulement d’établir des règles, il faut aussi des gens qui aient le courage de les appliquer et de les faire respecter.

A côté de ces mesures pour lutter contre l’impunité des élèves, je pense qu’il faut aussi prendre en considération d’autres paramètres :

- La violence est aussi trop souvent liée au manque d’épanouissement de l’enfant, notamment dans les lycées professionnels où les élèves sont envoyés dans des «filières poubelles». On cherche à s’en débarrasser au collège en les envoyant en vente action marchande, en comptabilité… En sachant pertinemment que ces filières sont bouchées et sans réel avenir. Ces choix sont bien souvent réalisés par défaut, les gamins n’ayant pas de vrai projet professionnel et ayant conscience du fait que leur orientation ne correspond pas réellement à ce qu’ils voudraient faire dans la vie et qu’après leur bac professionnel, ce sera le chômage. Alors ils s’ennuient, embêtent le monde, font n’importe quoi… Il faut une vraie réforme du système d’orientation scolaire des élèves (et, dans ce cas précis, il est vrai, peut-être plus de moyens), c’est très important. Un élève perdu, démotivé, qui n’a pas d’objectif dans la vie (et qui est un peu fragile psychologiquement) est amené à faire n’importe quoi (violences verbales comme physiques).

- Les violences se déroulent également bien souvent juste devant les établissements scolaires (bandes, racket, règlements de compte…), à proximité immédiate de nos locaux. Alors, en effet, dans ce cas précis, je pense que la présence de forces de l’ordre (pas forcément des policiers) peut être envisagée. Les incidents qui se déroulent devant les établissements n’ont jamais réellement été traités comme ils auraient dû l’être.

- Enfin, dernier point, je pense que les violences physiques et verbales en classe et la démagogie ambiante sont liées. Le passage en classe supérieure est très important pour nos élèves et le fait que ce soient eux et leurs parents qui trop souvent décident ou non de ce passage est inadmissible. Seuls les enseignants devraient conserver ce pouvoir. Leur retirer fut une terrible erreur. Sans cette épée de Damoclès au-dessus de leur tête, les élèves se disent : «Pourquoi travailler, pourquoi me tenir convenablement en classe alors qu’en fin d’année, c’est moi qui décide ou non si je passe ?». Rendons aux seuls enseignants ce pouvoir et, dès lors, le comportement de nombreux élèves changera du tout au tout.

Violences scolaires : le témoignage d’un enseignant

1 juin 2009

T. D., enseignant, a préféré garder l’anonymat. Il témoigne des violences en milieu scolaire et en donne les causes véritables.

SOS Éducation : Depuis combien de temps enseignez-vous ?

T. D. : Cela fait 5 ans que j’enseigne, sans compter mon année de stagiaire IUFM.

S. É. : Quelles sont vos disciplines ?

T. D. : J’enseigne le français et l’histoire-géographie.

S. É. : Dans quel type d’établissement enseignez-vous ?

T. D. : En lycée professionnel difficile. C’est un lycée polyvalent classé en ZEP. Le lycée général et technologique est en plus classé « zone sensible », et le lycée professionnel est classé « zone de prévention de la violence ».

S. É. : Quel bilan tirez-vous de votre expérience jusqu’ici ?

T. D. : On arrive bercé d’illusion, pensant qu’avec nous ce sera différent, qu’avec notre fougue, notre envie, notre psychologie… on arrivera à faire changer les choses et à permettre à de très nombreux élèves d’adorer les études. Néanmoins, nos rêves doivent vite laisser place à la réalité. D’une part, on ne peut pas forcer à boire un cheval qui ne le souhaite pas, et d’autre part, le système scolaire est tellement perverti de l’intérieur que tant qu’il ne sera pas modifié en profondeur, les problèmes subsisteront et continueront de s’accroître.
Je note qu’une minorité d’élèves – et j’insiste sur le fait qu’ils sont peu nombreux – parviennent à tirer leur épingle du jeu et à demeurer sérieux dans cet océan de médiocrité et de fainéantise. C’est pour eux qu’on a envie de travailler, tandis que les autres ont un long poil dans la main et semblent se satisfaire de leur situation sociale, et ce alors qu’ils devraient avoir « les crocs » plus que quiconque pour s’en sortir.

S. É. : Quels sont les principaux maux de l’Education nationale ?

T. D. : La démagogie et le laxisme, sans aucun doute possible.

S. É. : Comment inculquer la discipline aux enfants ?

T. D. : L’apprentissage de la discipline passe avant tout par la conscience que l’impunité n’existe pas et que tout acte déviant, du plus minime au plus grave, sera réprimé fermement, et ce dès le plus jeune âge.

S. É. : Que pensez-vous des propositions de Xavier Darcos de mettre des portiques à l’entrée des établissements, de procéder à des fouilles corporelles et de créer une police spéciale pour les écoles ?

T. D. : Les portiques et les fouilles, c’est du n’importe quoi. Il est tellement facile de faire passer une arme au-dessus de l’enceinte d’un établissement pour ensuite la récupérer derrière… C’est même dingue qu’ils aient des idées pareilles.
Pour ce qui est de la police spéciale pour les écoles, j’attends encore de connaître toutes les modalités du projet pour m’exprimer. Je ne suis pas forcément contre, surtout quand je vois qu’en une semaine j’ai une collègue surveillante qui a été violentée à l’entrée du lycée par un inconnu, et une élève passée au taser au sein même de l’établissement.

S. É. : Quel est votre avis sur l’idée selon laquelle la violence à l’école serait avant tout une question de moyens ?

T. D. : Non, c’est n’importe quoi, n’importe quoi, vraiment. Ce sont les méthodes et ceux qui les appliquent qui ne vont pas.

S. É. : Quel pensez-vous de l’éventualité de sanctions financières pour les parents d’élèves absentéistes ?

T. D. : L’absentéisme est l’un des fléaux de l’Éducation nationale. Pour moi, c’est comme la sécurité routière : il faut attaquer là où cela fait mal si l’on veut obtenir des résultats efficaces, à savoir le porte-monnaie. Il y a trop de laissez-aller de la part des parents – et que dire du laxisme du système éducatif ! Ils sont les premiers responsables. Et qu’on cesse de toujours leur trouver des excuses, certains n’ont jamais assumé leurs responsabilités et se moquent des études de leurs enfants. Pour preuve, la grande majorité d’entre eux n’assiste même pas aux réunions parents-professeurs. Il est certain qu’avec des sanctions financières, le taux d’absentéisme chuterait rapidement. Les parents seraient enfin mis face à leurs responsabilités. À partir du moment où l’on est hors-la-loi (scolarisation des enfants obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans), il faut accepter d’en assumer les conséquences. Actuellement, le système éducatif fait preuve d’un immense laxisme et les élèves le savent bien – tout comme les parents d’ailleurs. Cela ne sert en effet à rien de faire des lois si l’on ne se donne pas les moyens de les appliquer. Les fameux « avertissements solennels », « signalements à l’inspection académique », ne sont que des formules ronflantes qui n’aboutissent jamais à rien. Là encore, c’est le laxisme et le manque de courage de l’institution qui font défaut. Mais peut-être ne faut-il pas trop secouer les parents des élèves absentéistes, ce sont des électeurs après tout (normalement, s’ils se déplacent là encore) !

A lire aussi, les solutions de T. D..


Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 632 followers