Archive pour juillet 2009

« Résistance pédagogique » : pas de retrait de salaire pour Bastien Cazals

15 juillet 2009

Le tribunal administratif de Montpellier a suspendu les 24 jours de retrait de salaire infligés à Bastien Cazals. Le directeur de l’école maternelle Louise-Michel à Saint-Jean-de-Védas (Hérault) et « résistant pédagogique » depuis le mois de novembre 2008, était sanctionné pour « manquements à ses obligations de service » : il refuse d’appliquer l’aide personnalisée.

Ainsi se trouve justifiée notre expression de profiteurs de l’éducation. Le ministre de l’Éducation nationale, Luc Chatel, a récemment déclaré qu’« il n’y a pas de raison de mettre fin aux poursuites [contre les enseignants "désobéisseurs"]. Il n’y a pas de raison qu’elles n’aillent pas à leur terme. Il ne s’agit pas de faire des martyrs mais de mettre en œuvre les procédures prévues. Je souhaite l’application de la loi et de la réglementation ». Il semble que la justice n’ait pas la même appréciation de la loi que lui.

Mise à jour, dimanche 30 août 2009 : le ministère de l’Éducation nationale s’est pourvu en cassation contre cette décision, et Bastien Cazals ainsi qu’Isabelle Huchard se sont vu priver de leurs fonctions de directeurs d’école.

Roman Bernard

« Lycéen bloqueur » : un débat tronqué

11 juillet 2009

La mobilisation enfle dans la rue et sur la Toile pour, ou contre selon les cas, le lycéen « bloqueur », Tristan Sadeghi. Rappelons que ce dernier, élève du lycée Maurice-Ravel dans le XXe arrondissement de Paris, avait été l’un des principaux organisateurs du blocage de son établissement lors des « grèves des lycéens », ces deux dernières années. La polémique porte sur le fait que le proviseur de Maurice-Ravel, Philippe Guittet, a conditionné l’inscription en Terminale de Tristan Sadeghi à son engagement écrit de ne plus participer au blocage de l’établissement. Comme l’a bien montré le blogueur-avocat Maître Éolas, Tristan Sadeghi et ses soutiens au « Parti de gauche », dont il est membre, auront beau jeu de crier à l’illégalité de ce chantage à la réinscription.

En effet, le proviseur de l’établissement n’a pas le pouvoir de sanctionner l’élève, simplement celui de saisir et de présider le conseil de discipline qui doit se prononcer sur l’exclusion, ou non, de l’élève. Comme le dit bien un autre blogueur, Jules, de Diner’s room, cet abus de pouvoir du proviseur Philippe Guittet est en réalité un aveu de faiblesse : pourquoi n’a-t-il pas lancé une procédure d’exclusion à l’encontre de tous les lycéens bloqueurs de son établissement, et au moment des faits ? Au lieu de s’en prendre à un seul, plusieurs mois après ?

Mais au-delà de cette querelle juridique, et de la floraison de groupes sur Facebook contre Tristan Sadeghi, ici ou , se pose la question du militantisme lycéen : comment se fait-il que, alors que l’on est mineur et qu’on est censé préparer le baccalauréat, l’on puisse faire partie d’un syndicat lycéen, et participer ainsi à des grèves, des manifestations, des blocages, alors aussi que l’on est tenu à la pleine assiduité ?

Roman Bernard

Lycéen bloqueur

Mise à jour, lundi 7 septembre : à lire aussi, le billet d’H16.

Pourquoi le libre choix de l’école ?

10 juillet 2009

À lire, sur le blog du chèque-éducation : Pourquoi le libre choix de l’école ?.

« Désobéisseurs » : appelons les profiteurs par leur nom

9 juillet 2009

Invité de France Inter hier matin, Luc Chatel a déclaré qu’« il n’y a pas de raison de mettre fin aux poursuites [contre les enseignants "désobéisseurs"]. Il n’y a pas de raison qu’elles n’aillent pas à leur terme. Il ne s’agit pas de faire des martyrs mais de mettre en œuvre les procédures prévues. »

« Je souhaite l’application de la loi et de la réglementation », a également affirmé Luc Chatel, estimant que la « désobéissance est peu compatible avec le métier enseignant, qui incarne une autorité vis-à-vis des élèves ».

Encore un effort, Monsieur le ministre : ces enseignants prétendument désobéisseurs sont en réalité très obéissants à l’égard de leur porte-monnaie, puisqu’en plus de ne pas appliquer les programmes mis en place par Xavier Darcos dans le primaire, ils protestent contre les maigres retenues de salaire qui leur sont infligées.

Il convient donc davantage, comme nous l’avons fait en mai, de les qualifier de profiteurs de l’éducation, ce qu’ils sont bel et bien.

Roman Bernard

Baccalauréat : pour Luc Chatel, le niveau monte

8 juillet 2009

Le nouveau ministre de l’Éducation nationale, Luc Chatel, a annoncé hier les résultats du premier groupe du baccalauréat général : 78,4 %, soit une progression de 2,9 points par rapport à 2008. Réaction « à chaud » du ministre : « Je me réjouis, dans la mesure où ces résultats sont très bons ». Évidemment, à difficulté de l’examen constante, une progression du taux de réussite signifierait une élévation du niveau des bacheliers.

Mais Luc Chatel ne prend pas en compte, justement, l’éventualité que le niveau des exigences pourrait s’être amoindri avec les années. La volonté du ministre d’étudier des « pistes d’amélioration » pour que ce taux d’accès au baccalauréat progresse laisse d’ailleurs penser qu’il y a toujours cette volonté d’amener 80 % d’une génération au bac, sans considération du niveau de ce dernier. À quoi sert de conférer le baccalauréat à de plus en plus de lycéens, si celui-ci n’a plus la moindre valeur ? À cette question, le ministre ne répond pas.

À lire, le communiqué du Parti libéral démocrate : 78,4 % au bac : quand la sélection à l’entrée des universités devient nécessaire, ainsi que le billet du Bal des dégueulasses, l’article de Famille chrétienne et celui de Lolik.

Baccalauréat

Roman Bernard

Super Pédago

7 juillet 2009
Dessin d'Éric Galland

Dessin d'Éric Galland

Toute ressemblance avec Philippe Meirieu serait purement fortuite.

Retrouvez Super Pédago sur Facebook et sur son blog.

Résultats des évaluations de CE1 et hétérogénéité des classes

6 juillet 2009

Les résultats des évaluations de CE1 sont tombés : 27 % des élèves ont des difficultés en français, contre 25 % « seulement » en mathématiques. Dans le détail, 18 % ont des « acquis fragiles » en français et 15 % en mathématiques. Ce qui laisse respectivement 9 % et 10 % de « difficultés lourdes » en français (apprentissage de la lecture non terminé, difficultés à déchiffrer) et mathématiques (maîtrise incomplète de la numération).

La réaction du ministère est de voir le verre aux trois-quarts plein plutôt qu’au quart vide : « Ce sont les trois quarts des élèves qui ont atteint le niveau attendu [...] près de la moitié des élèves [ayant] même d’excellents résultats » (44 % en français et 47 % en mathématiques).

Et, pour le quart restant, il propose « les moyens d’aides disponibles : aides personnalisées, aides spécialisées par les enseignants des réseaux d’aides, mais aussi, dans l’éducation prioritaire, l’accompagnement éducatif, les dispositifs de réussite éducative ».

En somme, le ministère veut corriger les effets néfastes de l’hétérogénéité des classes par des moyens supplémentaires, au lieu, ce qui ne nécessiterait aucun supplément, de former dans chaque établissement des classes de niveau homogènes. Ce quart d’élèves pourrait y bénéficier d’une pédagogie adaptée, plutôt que de recevoir un enseignement qui, comme en témoignent les résultats de ces évaluations, n’est pas maîtrisé.

Roman Bernard

À lire aussi, notre article sur le site officiel de SOS Éducation et celui de Lolik.

Évaluations CE1

« La question de l’orientation », par Francis Marfoglia

6 juillet 2009

Francis Marfoglia est directeur pédagogique de l’ECEMA Lyon et chargé d’études à l’Institut de recherches indépendant pour l’Éducation (IRIÉ). Il s’exprime ici dans le cadre de l’Assemblée régionale de SOS Éducation, le 28 mai 2009 à Lyon.

Retrouvez nos vidéos sur YouTube.

Harcèlement en Sorbonne

6 juillet 2009

À lire, sur le site des 4 Vérités, l’interview d’Anatoly Livry, victime de harcèlement en Sorbonne. Anatoly Livry est poète et philosophe, helléniste, germaniste et slaviste.

Discours de Vincent Laarman

3 juillet 2009

Vincent Laarman est délégué général de SOS Éducation. Il s’exprime ici dans le cadre de l’Assemblée régionale de SOS Éducation, le 28 mai 2009 à Lyon.

Retrouvez nos vidéos sur YouTube.


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