Le Sénat a récemment publié un rapport sur la diversité sociale dans les classes préparatoires.
Comme souvent dans ce type d’exercice, le rapporteur s’est intéressé à ce qui se fait dans le même domaine à l’étranger. Il s’est penché sur le cas de la Finlande, pays souvent cité en exemple pour l’excellence de ses résultats dans le classement PISA de l’OCDE, où il arrive dans les premiers.
Depuis quelques années, le ministère français de l’éducation s’intéresse donc de près au « modèle finlandais ». Xavier Darcos, dans sa réforme avortée du lycée de l’automne 2008, s’en était inspiré. Il allait en cela plutôt dans le sens des syndicats, partisans de ce modèle.
Le système éducatif finlandais est en effet souvent invoqué pour son caractère plus égalitaire que le système éducatif français.
On apprend néanmoins qu’il y a un examen d’entrée au collège en Finlande. Imiter le modèle finlandais consisterait en France à abolir le collège unique. Les syndicats d’enseignants, partisans du modèle finlandais, en sont-ils bien conscients ?
De même, il existe une sélection à l’entrée de l’Université en Finlande, sélection combattue avec acharnement par les syndicats en France, même si le gouvernement ne l’a encore jamais envisagée.
Les rapporteurs prennent soin de rappeler que « l’égalité des chances est au cœur du modèle social finlandais ». Ainsi, pour les Finlandais, l’égalité des chances n’est absolument pas contradictoire avec la sélection à l’entrée du collège et de l’Université. C’est ce que nous disons depuis plusieurs années à SOS Éducation : ce qu’il faut assurer, c’est que chacun, s’il est travailleur et/ou talentueux, puisse réussir à la mesure de son talent et de son travail. C’est cette conception que les syndicats d’enseignants, défenseurs du modèle finlandais, taxent d’« élitisme ».
Question subsidiaire : les défenseurs du modèle finlandais le connaissent-ils vraiment ?
Roman Bernard
26 janvier 2010 à 03:23 |
[...] This post was mentioned on Twitter by Réseau LHC, SOS Éducation. SOS Éducation said: Les défenseurs du modèle finlandais sont-ils sérieux ? http://bit.ly/5theQV [...]
26 janvier 2010 à 19:59 |
Probablement un instant de distraction
Ou bien ce qui est bon ailleurs ne l’est pas chez nous, la pointe avancée de l’égalité et de la fraternité. Sinon de liberté…
27 janvier 2010 à 07:29 |
Eh oui, cela s’appelle l’”exception française”. L’idée est que si ces absurdités et horreurs étatistes franco-françaises étaient supprimées, la France se désingulariserait beaucoup trop des autres
pays européens et cesserait d’exister. Quelle horreur !
4 février 2010 à 12:17 |
Un examen d’entrée suggère un redoublement de classe, ce qui est une excellente chose pour une remise à niveau générale. De plus, cela inciterait davantage les élèves à travailler, car pour eux c’est une sanction ; en effet, actuellement ils peuvent fort bien ne rien faire et passer dans la classe supérieure automatiquement : qui s’en priverait ? Mais cela suggère aussi que le conseil de classe soit souverain et que les parents et les élèves n’y aient pas leur mot à dire, ce qui serait beaucoup plus objectif et impartial. On reviendrait alors au bon vieux temps où l’école serait synonyme d’effort et où les sanctions feraient planer une certaine crainte sur la tête du paresseux … et de ses parents, par voie de conséquence. Par ailleurs un barrage à l’entrée de l’université évite de perdre son temps là où l’on n’a que faire, ou exige une remise à niveau fort salutaire.
7 février 2010 à 21:52 |
Un examen d’entrée : oui, encore faudrait-il qu’il ressemble à un véritable examen. S’il ressemble à ce grand guignol qu’est devenu le brevet des collèges, c’est inutile …
7 février 2010 à 22:37 |
Cela va sans dire, il faut qu’il sanctionne un niveau des acquis suffisants, et qu’il corresponde à des exigences de niveau importantes. Bref, c’est pas encore gagné.