Archive pour la catégorie ‘Instruction’

Les orthophonistes en colère

21 février 2011

Lettre adressée à l’Éducation nationale

L’apprentissage de la lecture du français conditionne toute la suite des apprentissages. Au lieu de prendre les cabinets d’orthophonie pour des déchetteries, utilisez donc la méthode phonétique et gestuelle de Borel-Maisonny en classe de CP (en 36 ans de carrière, je n’ai jamais eu d’échec), plutôt que de réserver à vos classes de rattrapage, en ayant l’air de découvrir le dernier Goncourt, cette méthode qui date des années 1960 ! C’est facile de voir des « dys… » partout chez les élèves : dyslexiques, dysorthographiques, dysgraphiques, dyscalculiques (et j’en oublie !) et d’envoyer les enfants en rééducation ensuite.

Madame B – orthophoniste à Marseille

 

3 questions à … Françoise Cousin, orthophoniste

17 février 2011

Certains disent que la méthode globale d’apprentissage de la lecture n’a jamais été utilisée. Votre expérience clinique de plus de 30 ans le confirme-t-elle ?

Ce n’est pas vrai. La vraie méthode globale a probablement été peu utilisée, mais elle a été remplacée par des méthodes semi-globales. Et d’après les constats que j’ai pu faire, elles ont la même nocivité.

Y a-t-il vraiment des bonnes et des mauvaises méthodes d’apprentissage de la lecture ?

Je le vois quotidiennement. De même qu’on apprend à marcher avant de courir, on part du petit élément pour aller vers le grand.
Ce n’est pas le cas de la méthode globale, qui fait l’inverse. Elle voudrait faire sauter une étape essentielle à l’enfant, et le rendre lecteur, avant de savoir déchiffrer.

De plus, une méthode de lecture doit faire appel à tous les sens de l’enfant. Une méthode semi globale demande essentiellement un travail visuel : que fait-on lorsque l’on est partiellement ou essentiellement auditif ?

Partir de la mémorisation de mots par cœur n’est pas de la lecture. Il y a tromperie pour l’enfant à qui l’on fait croire qu’il sait lire. Je préconiserais une méthode qui part du son et de la lettre avec lesquels on construit des mots plutôt que des mots que l’on stock de prime abord. Le stockage vient après lorsque l’on sait lire.

Quel rôle a la méthode de lecture dans l’apprentissage général de l’enfant ?

Pour ma part et toujours en fonction des constats que j’ai pu faire lors de ces 30 ans d’exercice, je remarque qu’un enfant qui aborde de façon globale la lecture, entame de façon globale les autres matières. Ce qui me frappe lorsque je rééduque des enfants qui ont de problèmes logico-mathématiques, c’est de voir le parallèle entre l’abord de la lecture et celui des maths. On a la réponse ou on ne l’a pas, ce n’est pas le fruit d’une recherche. C’est comme pour les mots lus, on les a “en stock” ou on ne les a pas.

Je précise qu’il y a des enfants qui arriveraient malgré tout à apprendre à lire avec des étiquettes sur des bouteilles, mais ceux-là je ne les vois pas à mon cabinet… et ceux que je vois sont trop nombreux.

McKinsey&Co : Comment passer de « bon » à « très bon » ?

14 février 2011

« Les clés de l’amélioration des systèmes scolaires » est le titre du nouveau rapport publié par McKinsey & Company.

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Comment un système scolaire « bon » devient-il « très bon » ? Et comment un système « très bon» devient-il « excellent » ? C’est le thème du nouveau rapport.

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Afin de répondre à ces questions, McKinsey a étudié une vingtaine de systèmes scolaires dans le monde, à tous stades de performance, mais dont le point commun était d’avoir réalisé des progrès significatifs et durables.

McKinsey a ensuite examiné comment chacun de ces systèmes avait réussi à progresser dans leur niveau de performance. Nous avons ainsi mené près de 200 entretiens avec les acteurs des réformes de ces systèmes, et analysé 600 mesures mises en oeuvre dans une vingtaine de systèmes scolaires de niveaux très différents.

A partir de cette base, il a été possible d’identifier les éléments de réforme pertinents pour chaque stade de performance, pour passer d’une performance faible à une performance correcte, puis bonne, très bonne, et enfin excellente.

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Quel que soit son point de départ, un système scolaire peut nettement progresser en quelques années

Alors que les résultats des élèves ont stagné ou régressé au cours des dix dernières années dans beaucoup de pays, les systèmes analysés dans cette étude ont tous connu des progrès significatifs en l’espace de quelques années : de l’ordre d’un semestre d’équivalent année scolaire.

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En Europe comme en France, la première priorité est le renforcement des pratiques pédagogiques et la transmission des savoir-faire entre
les enseignants sur le terrain, clé du progrès

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Deuxième priorité : plus le niveau de performance des systèmes est élevé, plus les marges de manœuvre laissées au terrain doivent être grandes

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L’enjeu pour la France : passer de “bon” à “très bon”

Si l’on s’en réfère aux classements internationaux de référence, l’enjeu pour la France est de passer du niveau “bon” au niveau “très bon” puis “excellent”, tout en assurant l’homogénéité de ce niveau sur l’ensemble de son territoire.

Pour répondre à cet enjeu, les grands principes se dégageant de cette étude et les leviers de progression identifiés semblent pouvoir s’appliquer à la France, avec deux priorités : renforcer le développement professionnel des enseignants et leurs pratiques pédagogiques sur le terrain par un travail au sein des équipes d’enseignants et en partageant les bonnes pratiques ; accroître les marges de manœuvre au niveau des rectorats, des établissements ou groupes d’établissements, notamment en termes de capacité d’innovation et de prise d’initiatives pédagogiques.

Télécharger le résumé du rapport McKinsey

Expérimenter les méthodes classiques dans les zones défavorisées

12 avril 2010

Le ministre de l’Education Luc Chatel a annoncé jeudi 8 avril 2010 que certains chefs d’établissements difficiles pourront recruter librement leurs équipes et mener des « expérimentations pédagogiques innovantes ».

SOS Education souhaite que, pour une fois, l’expérimentation repose sur des méthodes structurées.

« Depuis des années, les seuls à profiter de méthodes classiques, logiques et progressives, sont les élites et les écoles pour riches*. Ne pourrait-on pas rétablir l’équilibre en les proposant aussi aux plus défavorisés ? », demande Vincent Laarman, délégué général de SOS Education.

Dans les zones difficiles, les méthodes dominantes sont celles du néo-pédagogisme, avec une orientation accentuée sur le « vivre ensemble ». Mais ces projets, qui ont été mis en œuvre depuis 1981, lors de la création des ZEP, n’ont pas tenu leurs promesses.

Non seulement on observe dans ces zones une violence et une absence d’intégration accrues, mais ces méthodes laissent sur le carreau chaque année des centaines de milliers d’élèves sans les bases minimales en lecture, en écriture et en calcul.

C’est pourquoi SOS Education souhaite qu’on expérimente enfin, dans les zones difficiles, un enseignement de qualité.

* Sait-on que, pendant que les élèves de ZEP se coltinent des méthodes aussi abstruses que Ratus, Picbille et Gafi, les primaires triés sur le volet des meilleurs établissements parisiens (Stanislas et Franklin par exemple) apprennent dans les manuels classiques de la Librairie des Ecoles (www.lalibrairiedesecoles.com) ? Comment s’étonner du fossé qui séparent les deux catégories d’enfants en fin de primaire ?


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