Archive pour la catégorie ‘Méthode globale’

« Le drame des méthodes d’enseignement est bien plus profond encore ! »

8 mars 2011

Monsieur Jean-Claude Weinstein a enseigné 43 ans à l’école publique. Instituteur en CP pendant une partie de sa carrière, il a appris à lire à un demi-millier d’élèves. Aujourd’hui membre de SOS Éducation, il soutient l’association mais estime que « le drame est bien plus profond encore ».

Olivia Millioz : Pourquoi y a-t-il 40 % des élèves qui arrivent aujourd’hui en sixième sans connaître les bases de la lecture, de l’écriture et du calcul ?
J.-C. Weinstein : La méthode globale a fabriqué massivement des échecs. De plus, elle fait s’épanouir les dyslexies (un cas, parfois deux par classe). En l’évitant, j’ai appris à lire à un demi-millier d’élèves. Avec la méthode syllabique (b.a.-ba), enrichie des apports de Borel-Maisonny (associer un geste à chaque son), il n’y a pas d’échec. En principe, l’ancien ministre de l’Éducation Gilles de Robien avait insisté sur ces points : a-t-il été suivi ? Non, la haute administration de l’Éducation nationale, obéissant aux syndicats, a rédigé des textes d’application qui vidaient la réforme de son contenu.

O.M. : Redresser nos écoles est-il encore possible ? Que préconisez-vous ?
J.-C. W. : Dictées, conjugaison, grammaire, retour aux priorités. Oui au calcul mental et aux tables. Il n’y a pas de calcul mental sans maîtrise des tables : elles sont l’alphabet du calcul. Quant aux grandes dates de l’histoire de France et de l’Europe, elles sont indispensables sous peine de construire un édifice sans ossature qui très vite s’effondre et tombe dans l’oubli.
Par la suite, au lycée, comment situer les étapes, l’ordre des civilisations, des mouvements littéraires ? C’est le seul moyen, à l’aide de repères datés, d’avoir une vue ordonnée du passé, de l’histoire. C’est la mémoire qui fournit les éléments sur lesquels s’exerce la réflexion.

O.M. : L’indiscipline qui règne dans beaucoup d’écoles pose-t-elle problème ?
J.-C. W. : L’indiscipline, la grossièreté, les dégradations, la violence : l’ampleur des actes est bien plus considérable qu’on ne le dit. Pourquoi ? Parce que l’enseignant victime de ces actes se tait, au moins neuf fois sur dix. En effet, l’administration (la hiérarchie) considère comme un gêneur celui qui se plaint. Il porte atteinte à quelque chose d’essentiel dans l’Éducation nationale : tout doit aller bien aux yeux de l’opinion publique… Les conséquences sont évidentes : les premiers actes non sanctionnés font tâche d’huile et se répandent dans les établissements au recrutement difficile.
Quelle sanction appliquer ? L’exclusion pour trois jours ? Le jeune voyou ne demande que cela ! La sanction doit être immédiate. Si l’enseignant réagit en secouant un élève gravement incorrect, c’est lui qui sera sanctionné par l’administration, et par les parents qui portent plainte pour violences à enfant. Ces petits voyous qui bravent l’autorité sont ainsi devenus des modèles pour certains de leurs camarades. C’est grave.

O.M. : Que faire ?
J.-C. W. : Il n’y a pas de solution miracle. Cependant, une réaction globale, immédiate de tous les enseignants d’un établissement serait une réaction forte et déjà efficace. Rappelons qu’au début de l’école primaire obligatoire, on insistait sur la formation morale : un quart d’heure chaque matin pour former les consciences. Pour la majorité des enseignants d’aujourd’hui, c’est ringard !!! Étonnons-nous que beaucoup de jeunes n’aient plus de repères.
Il existe aussi des raisons fondamentales à ces comportements. Depuis le collège unique de M. René Haby, tous les enfants sont scolarisés jusqu’à seize ans dans un tronc commun. Une petite partie est orientée en cours de scolarité en lycée professionnel, ce qui est bien.
Mais innombrables sont les élèves non motivés, accusant de gros retards, sans les bases nécessaires, ayant de gros problèmes familiaux ou autres. Ils sont en révolte contre ce qu’on leur impose. La réponse est ici évidente : il est urgent d’abolir le collège unique ! La plupart de ces élèves s’épanouiraient dans une formation professionnelle ou un apprentissage. Les classes seraient plus calmes, plus homogènes, l’enseignement plus efficace pour tous. Ce serait une mesure positive contre la pire des choses : l’échec scolaire. Je ferai une remarque supplémentaire pour montrer l’incroyable sottise du système : l’inspecteur – quel qu’il soit – qui rédige un rapport et donc juge la valeur du travail d’un enseignant, ne revient jamais en fin d’année pour estimer la valeur des résultats atteints, la qualité des méthodes utilisées… leur rôle est donc de faire appliquer des méthodes élaborées par des théoriciens qui n’ont jamais enseigné, jamais testé les démarches proposées. On vit dans l’absurde, dans l’irrationnel.
Pour conclure, le travail de SOS Éducation est utile et vous avez mille fois raison. Le drame est à mes yeux bien plus profond encore !

Retrouvez toutes les informations sur les méthodes d’apprentissages sur le site Pour la méthode syllabique

Super Pédago : 100 % MG*

4 mars 2011


* Méthode Globale

 

Retrouvez tous les détails du détecteur de Méthode Globale sur

http://soseducation.com/methode-syllabique/

La méthode en question…

24 février 2011

Voici la lettre d’une mère inquiète par la méthode de lecture utilisée dans l’établissement de son fils.

“Je me permets de vous écrire afin de vous demander un conseil.

Mon fils fréquente une école publique de Paris où il y a de nombreuses nationalités.

L’apprentissage du français se fait sur 2 ans.

Au mois de septembre, la maîtresse nous a demandé d’acheter Super Gafi pour apprendre à lire aux enfants du CP.
Lorsque j’ai pris connaissance du contenu du livre, j’ai été indignée par la méthode suivie pour apprendre à lire aux enfants.
J’ai donc, en parallèle, continué à apprendre à lire à mon fils avec la méthode syllabique que j’avais eu enfant (“Je saurai lire vite  … et bien” de A. Décatoire et N.Tenoux  ). Il sait à présent lire  alors que nous avons avancé sans forcer.
Le principe de la  méthode syllabique a été si bien compris par mon fils qu’il apprend aussi à lire, sans confusion et sans difficulté aucune, une autre langue avec un alphabet non latin. Il a seulement 2 heures de cours dans cette langue. Il consacre  5 mn par jour à ses exercices de lecture. A la fin des 7 prochains cours, il saura alors parfaitement lire.
Mon fils n’a rien d’un enfant surdoué. C’est la régularité qui lui permet d’avancer.

Pour en revenir à ce qui se passe dans cette école. Les enfants de sa classe qui parviennent à se débrouiller dans l’apprentissage de la lecture en français le peuvent grâce à leurs parents. Ceux-ci les suivent à la maison avec une méthode syllabique qu’ils ont choisi de leur côté. D’autre part, le fait de leur avoir appris à lire de façon syllabique dans leur langue les aide un peu.
Depuis lundi, j’ai découvert que Super Gafi avait été dénoncé et retiré de nombreuses écoles.

Sachant que les résultats de cette maîtresse sont dus au travail fourni par les parents à la maison et qu’ils ne reflètent en aucun cas ce qu’elle fait avec eux, serait-il envisageable de demander à la maîtresse de changer de livre en cours d’année?
A votre connaissance, est-ce que sous la pression des parents ce genre de situation s’est-elle déjà vue?
Dans notre école, Gafi est là pour 2 ans vu qu’il a été choisi de leur apprendre à lire en français sur 2 années?
C’est, au passage, ridicule vu qu’avec leur 5 heures de cours de français  hebdomadaire, si les enfants avaient une  méthode syllabique, les enfants pourraient déjà au final de cette année scolaire lire.
Beaucoup de parents voudraient agir.

Auriez-vous des conseils à nous donner?”

 

Question écrite : apprentissage de la lecture

23 février 2011

Monsieur Philippe Meunier  (Rhône) remet en avant la question de l’apprentissage de la lecture.

Voir la question écrite

Aller sur le site Méthode syllabique

Les orthophonistes en colère

21 février 2011

Lettre adressée à l’Éducation nationale

L’apprentissage de la lecture du français conditionne toute la suite des apprentissages. Au lieu de prendre les cabinets d’orthophonie pour des déchetteries, utilisez donc la méthode phonétique et gestuelle de Borel-Maisonny en classe de CP (en 36 ans de carrière, je n’ai jamais eu d’échec), plutôt que de réserver à vos classes de rattrapage, en ayant l’air de découvrir le dernier Goncourt, cette méthode qui date des années 1960 ! C’est facile de voir des « dys… » partout chez les élèves : dyslexiques, dysorthographiques, dysgraphiques, dyscalculiques (et j’en oublie !) et d’envoyer les enfants en rééducation ensuite.

Madame B – orthophoniste à Marseille

 

3 questions à … Françoise Cousin, orthophoniste

17 février 2011

Certains disent que la méthode globale d’apprentissage de la lecture n’a jamais été utilisée. Votre expérience clinique de plus de 30 ans le confirme-t-elle ?

Ce n’est pas vrai. La vraie méthode globale a probablement été peu utilisée, mais elle a été remplacée par des méthodes semi-globales. Et d’après les constats que j’ai pu faire, elles ont la même nocivité.

Y a-t-il vraiment des bonnes et des mauvaises méthodes d’apprentissage de la lecture ?

Je le vois quotidiennement. De même qu’on apprend à marcher avant de courir, on part du petit élément pour aller vers le grand.
Ce n’est pas le cas de la méthode globale, qui fait l’inverse. Elle voudrait faire sauter une étape essentielle à l’enfant, et le rendre lecteur, avant de savoir déchiffrer.

De plus, une méthode de lecture doit faire appel à tous les sens de l’enfant. Une méthode semi globale demande essentiellement un travail visuel : que fait-on lorsque l’on est partiellement ou essentiellement auditif ?

Partir de la mémorisation de mots par cœur n’est pas de la lecture. Il y a tromperie pour l’enfant à qui l’on fait croire qu’il sait lire. Je préconiserais une méthode qui part du son et de la lettre avec lesquels on construit des mots plutôt que des mots que l’on stock de prime abord. Le stockage vient après lorsque l’on sait lire.

Quel rôle a la méthode de lecture dans l’apprentissage général de l’enfant ?

Pour ma part et toujours en fonction des constats que j’ai pu faire lors de ces 30 ans d’exercice, je remarque qu’un enfant qui aborde de façon globale la lecture, entame de façon globale les autres matières. Ce qui me frappe lorsque je rééduque des enfants qui ont de problèmes logico-mathématiques, c’est de voir le parallèle entre l’abord de la lecture et celui des maths. On a la réponse ou on ne l’a pas, ce n’est pas le fruit d’une recherche. C’est comme pour les mots lus, on les a “en stock” ou on ne les a pas.

Je précise qu’il y a des enfants qui arriveraient malgré tout à apprendre à lire avec des étiquettes sur des bouteilles, mais ceux-là je ne les vois pas à mon cabinet… et ceux que je vois sont trop nombreux.

Trois questions à…

11 février 2011

La revue parlementaire a interrogé Olivia Millioz, responsable de la communication de SOS Éducation.

Qu’avez-vous pensé des résultats de la France dans la dernière édition du rapport PISA ?

Depuis le lancement de l’enquête PISA, il y a dix ans, les performances de la France n’ont cessé de baisser. Ces très mauvais résultats devraient nous faire réagir, or les politiques ne font rien. Il faut savoir que 40 % des enfants n’arrivent pas à lire correctement en sortant du primaire. Cette situation a été constatée par de très nombreux rapports sur la question : l’école française n’apprend plus à nos enfants à lire et écrire correctement.

Quelles sont les causes de cette situation ?

Il y a un problème de méthode d’apprentissage de la lecture, mais le dire c’est soulever l’un des plus grands tabous du moment. Beaucoup d’écoles refusent de faire le choix de la méthode syllabique. Il n’y a qu’à ouvrir les manuels actuellement en vigueur pour s’en convaincre. On reste sur une approche globale qui a d’ailleurs des conséquences néfastes sur l’apprentissage des autres matières. En mathématiques, par exemple, ces difficultés en lecture posent problème dans la compréhension des énoncés.

Pourriez-vous proposer 3 mesures pour remédier à cette situation ?

Il faut tout d’abord mettre en œuvre une action parlementaire en faveur de l’approche syllabique. Des études menées au Royaume-Uni qui viennent d’être publiées ont montré que les écoles utilisant cette méthode avaient des meilleurs résultats en lecture, indépendamment de la situation sociale des élèves. Les auteurs de cette initiative ont eux-mêmes été surpris des résultats obtenus. D’autre part, il faut faire en sorte que l’on identifie au sein des écoles les bonnes pratiques, ce qui suppose plus de transparence. Demandez aujourd’hui quelle méthode est utilisée dans l’école de votre enfant, vous obtiendrez rarement une réponse claire. Enfin, il faut aller vers une autonomie plus grande des établissements. Il est urgent de doter les écoles d’une vraie direction qui soit incarnée. Or actuellement, les professeurs d’écoles primaires ou de collèges reçoivent des messages brouillés et contradictoires de la part de leurs différentes instances hiérarchiques. Les discussions sur l’école ont trop souvent été monopolisées par des utopistes. Il est important de dépassionner ce débat afin de gagner en efficacité pour les enfants.

Article tiré de La revue parlementaire – Janvier 2011

 

 

 

 

 

Vous pouvez également retrouver l’interview sur le site Méthode syllabique.

Un député de plus pour la méthode syllabique

10 février 2011

Madame le député Valérie Rosso-Debord (Meurthe-et-Moselle) remet en avant la question de la méthode syllabique.

Voir la question écrite

Aller sur le site Méthode syllabique

La méthode syllabique à l’Assemblée

6 janvier 2011

L’action en faveur de la méthode syllabique fait des émules. Le député Jean-Marc Roubaud a posé une question écrite reprenant les termes que nous défendons sur le site pour la méthode syllabique.

L’effectif dans la classe n’est pas le problème

23 décembre 2010

La méthode utilisée par la maîtresse de ma fille est “Boule et Bill”. C’est principalement des photocopies qu’elle colle dans un grand cahier. Heureusement ma fille décomposait déjà bien et j’ai continué à lui faire décomposer les mots à apprendre, donc elle apprend bien malgré tout, et puis ça y est, la maîtresse fait enfin plus de syllabique (ouf!).

Nous avons eu moins de chance avec l’aînée il y a quelques années. Quand elle est rentrée au CP (avec 1 an d’avance car elle décomposait bien déjà) nous vivions en région parisienne et elle est tombée sur une maîtresse qui utilisait la méthode Mika… ça a été catastrophique, elle ne comprenait plus rien (ils ont attaqué l’année avec les mots “oiseau”, “l’amie”… une horreur) et elle pleurait pour aller à l’école au bout d’une semaine (et la maîtresse trouvait ça normal ! Je cite quelques unes de ses aberrations, en vrac : “le CP est une année dure”, “si les parents ne s’investissent pas les enfants n’apprendront pas à lire”, “ils pleureront le lundi parce qu’il y a dictée et c’est normal”, etc etc…) ; à Toussaint on l’a mise dans le privé avec du pur syllabique et elle a fini d’apprendre sans problème… malgré une classe de 36 élèves, alors que dans le public ils étaient 20 et ça ne marchait pas ! J’ai fait un courrier au ministère, à l’inspection… etc pour expliquer mon choix… Malheureusement je pense qu’on est pas sorti de cette fichue méthode. Ce qui est fou c’est que tout le monde sait que c’est une catastrophe et rien ne change (sauf dans le privé où ils ne font QUE du syllabique, et ils le mettent en avant); les parents concernés font du Bosher pour compenser et règlent ainsi le problème pour leur enfant, et tant pis pour les enfants moins suivis… bonjour l’égalité des chances!!! On se demande comment les parents d’origine étrangère sont censés faire?! Donc MERCI pour votre action sur ce sujet, d’autant que les associations de parents refusent de se mouiller là dessus au prétexte que les enseignants savent ce qu’ils font (mais ils font surtout ce qu’on leur a appris).

Cordialement

Une maman d’élève

 

Plus de témoignages sur soseducation.com/methode-syllabique


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