Archive pour la catégorie ‘Résistance pédagogique’

« Désobéisseurs » : Alain Refalo sanctionné

25 juillet 2009

L’Inspecteur d’académie de la Haute-Garonne Michel Baglan a sanctionné Alain Refalo en abaissant d’un échelon pendant quatre ans le salaire de ce professeur des écoles de Colomiers, près de Toulouse, initiateur du mouvement des « professeurs désobéisseurs » et de la « résistance pédagogique » qui refusent organiser les deux heures d’aide personnalisée pour les élèves en difficulté, une mesure initiée par l’ancien ministre de l’Éducation nationale Xavier Darcos. Cette sanction représente une perte d’au moins 7 000 euros, selon Patrick Jimena, président du Comité de soutien à Alain Refalo. Ce dernier a été sanctionné pour « refus d’obéissance, manquement à l’obligation de réserve, incitation à la désobéissance collective et attaque publique contre un fonctionnaire de l’Education nationale [son inspecteur de circonscription] ». Depuis janvier, Alain Refalo avait déjà été sanctionné de 19 jours de retrait de salaire et d’un refus de promotion.

« Résistance pédagogique » : pas de retrait de salaire pour Bastien Cazals

15 juillet 2009

Le tribunal administratif de Montpellier a suspendu les 24 jours de retrait de salaire infligés à Bastien Cazals. Le directeur de l’école maternelle Louise-Michel à Saint-Jean-de-Védas (Hérault) et « résistant pédagogique » depuis le mois de novembre 2008, était sanctionné pour « manquements à ses obligations de service » : il refuse d’appliquer l’aide personnalisée.

Ainsi se trouve justifiée notre expression de profiteurs de l’éducation. Le ministre de l’Éducation nationale, Luc Chatel, a récemment déclaré qu’« il n’y a pas de raison de mettre fin aux poursuites [contre les enseignants "désobéisseurs"]. Il n’y a pas de raison qu’elles n’aillent pas à leur terme. Il ne s’agit pas de faire des martyrs mais de mettre en œuvre les procédures prévues. Je souhaite l’application de la loi et de la réglementation ». Il semble que la justice n’ait pas la même appréciation de la loi que lui.

Mise à jour, dimanche 30 août 2009 : le ministère de l’Éducation nationale s’est pourvu en cassation contre cette décision, et Bastien Cazals ainsi qu’Isabelle Huchard se sont vu priver de leurs fonctions de directeurs d’école.

Roman Bernard

Les profiteurs de l’éducation

13 mai 2009

Dans notre précédent billet, nous avons mis en avant le fait que les enseignants du primaire dits «désobéisseurs» protestent contre les retenues de salaire qui touchent certains d’entre eux. Ces «désobéisseurs», qui refusent depuis la rentrée 2008 d’appliquer  les programmes introduits à l’école primaire par Xavier Darcos, se revendiquent de la désobéissance civile, citant pèle-mêle Etienne de La Boétie, John Rawls et bien entendu Gandhi et Martin Luther King.

Il est déjà très surprenant que des «résistants» ne voient aucune incohérence entre le fait d’être rémunérés par un ministère et celui de refuser d’en appliquer les directives et de lui rendre des comptes. Ils refusent par exemple de donner des cours d’aide personnalisée aux élèves en difficulté. Ils sont également prêts à empêcher des étudiants de passer les concours de l’enseignement, leur faisant prendre le risque d’avoir travaillé pendant une année pour rien.

En dépit de cette grave situation, l’un des principaux soucis des «désobéisseurs» est de trouver une compensation à leurs retenues de salaire, au moyen d’une Caisse nationale de solidarité qu’ils ont créée. Désobéissants à l’égard de leur ministère de tutelle, les «résistants pédagogiques» semblent en revanche très dociles vis-à-vis de leur porte-monnaie.

Faut-il en conséquence qualifier ces enseignants réfractaires de «désobéisseurs», ou bien de profiteurs de l’éducation ?

Roman Bernard

Résister, désobéir et pique-niquer

11 mai 2009

Pendant que les rangs de la «résistance pédagogique» continuent, d’après le blog qui lui est consacré, de grossir, des correcteurs de l’IUFM de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis) refusent de corriger les épreuves écrites du concours de recrutement de professeur des écoles, comme ils l’ont expliqué dans une lettre adressée à Valérie Pécresse, Xavier Darcos et Nicolas Sarkozy adoptée à l’unanimité de l’assemblée générale de l’IUFM.  Ils entendent ainsi s’opposer à la masterisation des concours de l’enseignement. Cet événement est à rapprocher des différents pique-niques qui ont été organisés le mercredi 6 mai dernier devant plusieurs inspections académiques, dont celles de Marseille et de Toulouse, en protestation notamment aux sanctions financières et disciplinaires qui touchent les enseignants désobéisseurs. Ceux-ci refusent d’enseigner tant que le gouvernement n’aura pas retiré son projet de réforme. Au-delà du contraste entre l’insouciance des désobéisseurs et la situation dans laquelle ils plongent les candidats aux concours comme dans le cas des correcteurs désobéisseurs de l’IUFM de Livry-Gargan, ce phénomène illustre bien le caractère incontrôlable de l’Education nationale. Non seulement les quelque 3000 enseignants désobéisseurs n’assurent plus leurs cours, mais ils protestent contre les retenues de salaire qui les touchent. Et sont prêts à faire courir le risque de faire annuler les épreuves d’un concours pour défendre leur cause.

Ce refus, de la part de ces fonctionnaires rémunérés par le contribuable, de rendre compte de leur action, n’est pas étonnant, puisque le mouvement de résistance pédagogique préconise même aux enseignants de refuser l’inspection.

Roman Bernard


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