Archive pour la catégorie ‘Université’

La fac pour les nuls

25 janvier 2010

À lire, chez Seb de « Ça réagit », une description de la correction des copies en Faculté de droit. Dans le même ordre d’idées, lire un autre témoignage, celui d’Anatoly Livry. Les deux tendent à confirmer le diagnostic sévère sur le déclin de l’Université française.

Pourquoi y a-t-il une baisse des inscriptions à l’Université ?

28 juillet 2009

On apprend ce matin que selon l’UNEF, « [l]es “failles” de la procédure d’inscription aux établissements du supérieur, dite “Admission Post-Bac” (APB), sont responsables d’une baisse d’environ 20% du nombre d’inscriptions dans les universités au niveau national ». Pour Jean-Baptiste Prévost, président de la première organisation étudiante, « [c]ette baisse de 20% s’explique par le fait qu’environ 10% des lycéens n’ont pas reçu une proposition d’affectation, que d’autres attendent des réponses des filières sélectives et ont délibérément reporté leur inscription au mois de septembre et enfin que certains ont un problème d’inscription à cause de la procédure APB ».

Ainsi, pour l’UNEF, une baisse d’un cinquième des inscriptions s’expliquerait simplement par les lourdeurs administratives du système universitaire français. Il n’a vraisemblablement pas effleuré l’UNEF que le comportement de certains de ses militants pendant les grèves et les blocages de cette année, le manque de débouchés dû à la massification qu’elle soutient obstinément en refusant toute sélection à l’entrée, en s’opposant à toute augmentation, même raisonnable, des frais de scolarité qui permettrait de revaloriser les études universitaires, avaient pu dissuader les étudiants de choisir l’Université. Ces derniers ont décidé de « voter avec leur pieds ».

Roman Bernard

À suivre, le fil des commentaires sur le site du Figaro.

Universités : l’UNEF plaide malgré elle pour le financement privé

20 juillet 2009

« Selon l’UNEF, 29 universités continuent de réclamer des frais d’inscription indus », peut-on lire sur le site du Monde. En cause, les frais de scolarité supplémentaires demandés par certaines universités aux étudiants, le plus souvent pour financer des formations coûteuses, pour lesquelles la dotation étatique n’est pas suffisante.

Le supplément, réduit dans la plupart des cas, peut parfois atteindre plusieurs milliers d’euros, comme à Grenoble-II. Le premier syndicat étudiant a beau jeu de dénoncer les universités « hors la loi » : la loi ne permet pas, pour l’heure, que les universités fassent véritablement appel au financement privé.

Or, celui-ci serait nécessaire pour que les formations à vocation professionnelle des universités puissent faire jeu égal avec les écoles privées, comme le rappelle l’un des vice-présidents de Grenoble-II, Alain Fernex. Cela est notamment vrai pour les instituts d’administration des entreprises (IAE), en concurrence avec les écoles de commerce privées.

Demander toujours plus de financements publics, tout en refusant obstinément la sélection, comme le fait l’UNEF, n’est pas raisonnable : l’état des finances publiques ne permet pas ce luxe. Une réelle ouverture au financement des universités par le privé, couplée à une introduction de la sélection à l’entrée, permettrait déjà de résoudre une partie du problème.

Au-delà, on peut aussi considérer qu’un étudiant sera d’autant plus motivé à travailler à l’Université que lui, ou sa famille, auront dû s’acquitter de frais d’inscription élevés, sans être exorbitants.

Roman Bernard

Harcèlement en Sorbonne

6 juillet 2009

À lire, sur le site des 4 Vérités, l’interview d’Anatoly Livry, victime de harcèlement en Sorbonne. Anatoly Livry est poète et philosophe, helléniste, germaniste et slaviste.

Valoriser l’« engagement étudiant » ?

31 mai 2009

Valérie Pécresse a déclaré que « toutes les formes d’engagement [étudiant] doivent être reconnues, et valorisées […]. Il faut que les universités et les écoles intègrent ces données dans le cadre des diplômes qu’elles délivrent : il existe de nombreux moyens pour valider ces expériences. » Le ministre de l’Enseignement supérieur propose ainsi d’octroyer des crédits ou des points bonus pour la rédaction de mémoires retraçant le parcours associatif de l’étudiant. Le diplôme pourrait ainsi mentionner l’engagement dans telle ou telle cause de l’étudiant. Cela n’est pas sans rappeler la consultation sur la réforme du lycée, qui faisait aparaître une volonté de faire du lycée un « lieu de vie » où seraient constitués des « clubs », où seraient également développées des activités périscolaires. Outre qu’une fois encore, les savoirs sont absents d’une telle proposition, le risque est grand que des syndicalistes étudiants, professionnels de la grève et du blocage, valorisent leur engagement dans des syndicats pour obtenir leur diplôme à peu de frais.

Roman Bernard

Commode laïcité

18 mai 2009

L’UNSA-Éducation, principale fédération des personnels de l’enseignement supérieur, va saisir le Conseil constitutionnel dans les prochains jours contre l’accord signé le 18 décembre dernier entre la France et le Vatican, qui établit la reconnaissance par la France des diplômes délivrés par des établissements catholiques. Parallèlement, un « collectif pour la promotion de la laïcité » va saisir le Conseil d’État pour obtenir l’annulation du décret officialisant cet accord, publié le 19 avril dernier. Dans la première démarche, c’est le principe constitutionnel de laïcité qui est invoqué, et qui serait remis en cause par cet accord. Outre qu’il est étrange que cet appel solennel à la laïcité soit également lancé par le Grand Orient, on ne voit pas bien quelle entorse à la laïcité peut bien représenter la simple reconnaissance en France de diplômes délivrés par des établissements catholiques français.

La raison de fond apparaît dans la seconde démarche : le « collectif pour la promotion de la laïcité » avance que cet accord, qui découle du Processus de Bologne, remet en cause le principe du monopole public de la collation des grades. Une fois l’argument consensuel de la laïcité avancé, la véritable crainte des opposants à cet accord est donc que l’on s’achemine, avec la construction européenne, vers une liberté académique au niveau universitaire que la France ne connaît plus depuis la fin du XIXe siècle.

Nous ne pouvons bien sûr qu’espérer que cet accord contribuant à libérer l’enseignement supérieur français ne sera pas annulé.

A lire également, sur le site de l’IRIE : Accord Etat français-Vatican : les partisans du monopole éducatif s’affolent .

Roman Bernard


Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 642 followers