Articles Tagués ‘éducation’

Éducation et instruction

15 septembre 2009

Le texte qui suit est extrait d’un courrier que nous a envoyé M. Dominique Burrus, membre de SOS Éducation :

À l’origine, Jules Ferry avait bien compris que les deux termes « éducation » et « instruction » n’étaient pas opposés, mais qu’ils étaient complémentaires.

L’éducation s’adresse aux parents des enfants car elle concerne en priorité la vie familiale, puis ensuite la vie sociale dans la communauté des individus.

L’instruction s’adresse à la future vie professionnelle des enfants. Elle concerne donc les spécialistes de cette formation des enfants, c’est-à-dire leurs professeurs. Cette instruction n’est pas un métier facile à exercer car les jeunes enfants ont tous des comportements différents.

Il convient alors de ne pas mélanger ces deux termes et c’est la raison pour laquelle Jules Ferry avait appelé ce métier « l’Instruction publique », et il rendait cette instruction obligatoire afin de respecter l’égalité des chances pour tous les citoyens.

Ce n’est qu’en 1932, soit un demi-siècle après les lois de Jules Ferry, que le système éducatif français a été rebaptisé « Éducation nationale ».

Éducation et instruction dans le monde romain

31 juillet 2009

Par Yann Le Bohec, professeur des universités, professeur d’histoire romaine à l’université Paris 4 Sorbonne, vice-président de la section « Histoire et archéologie des civilisations antiques » du Comité des travaux historiques et scientifiques.

Fruit de la rencontre entre la rigueur romaine héritée du Latium et la créativité grecque issue de l’Attique, la conception romaine de l’éducation marque un sommet dans l’histoire de l’humanité. L’éducation, l’instruction et la morale étaient, pour les Romains, indissociables ; leur dissociation eût paru à tout citoyen bien éduqué littéralement monstrueuse. Si la rencontre du miracle grec a profondément bouleversé le monde romain et contribué à la diffusion de la culture antique dans de larges franges de l’Empire, elle n’en a pas pour autant permis la massification de cette haute culture. Du fait du bilinguisme, de la rareté des textes, et des besoins militaires (armée) et économiques (esclavage) d’une société en permanence contrainte de défendre les marches de son empire, l’éducation reste dans la Rome antique un luxe réservé aux meilleurs (fils de notables, fils de patriciens). La masse de la population vit dans l’illettrisme ; seuls quelques hommes pauvres et quelques esclaves apprennent à lire, écrire et compter, leurs connaissances ayant un but strictement utilitaire. La vraie et grande culture, incluant la connaissance du grec, reste l’apanage des nobles et des grands, pas forcément des riches. La didactique s’appuie sur le commentaire de texte et l’exposé, privilégiant le discours oral. L’enseignement repose sur le maintien d’une discipline assez stricte qui ne recule pas devant le châtiment corporel. Ce qui ne l’empêche pas de demeurer empreint d’une grande liberté ; dans le système éducatif de la Rome antique, personne n’intervient, au moins directement, dans le métier des maîtres, ni les parents, ni les communes, ni l’État, ni aucun autre pouvoir que ce soit.

Téléchargez l’étude complète.

Étude également disponible au format papier, sur demande, au prix de 3 €.


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