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Pétition en faveur du port de l’uniforme dans les établissements scolaires

21 novembre 2009

Au préalable, lire notre article : « L’uniforme, pour une bonne tenue ».

L’insécurité règne dans les établissements scolaires français. C’est un fait malheureusement constaté et qui concerne toutes les composantes de notre société. Il faut trouver des solutions concrètes qui puissent amoindrir les effets du racket et de l’intimidation dans nos écoles. Le port de l’uniforme nous paraît la solution la plus adaptée, la plus simple à mettre en œuvre et dont les effets positifs seraient immédiatement perceptibles par l’ensemble de nos concitoyens.

Il est inadmissible que des familles se sacrifient littéralement pour pouvoir acheter des vêtements de marque à leurs enfants. Les écoles sont trop souvent devenues des plateaux de mode qui favorisent l’exclusion et la discrimination pour ceux et celles qui ne peuvent s’y conformer.

Nous sommes dans une période de décadence où toutes les valeurs sont menacées. Pour que nos enfants soient plus performants en classe, il faut qu’ils aient la possibilité d’étudier en toute sécurité. Les différences sociales sont visibles par la tenue vestimentaire et provoquent des conflits. Un uniforme serait à la fois une idée progressiste et égalitaire qui permettrait de gommer ces différences.

Les principaux motifs d’adoption de l’uniforme scolaire :

  • les uniformes sont moins coûteux que les vêtements à la mode de marques reconnues
  • les uniformes aident les surveillants des établissements scolaires à repérer les intrus potentiels
  • l’uniforme scolaire est l’élément indispensable qui manque actuellement pour assurer l’égalité des chances et pour valider les fondements de la mixité sociale. C’est la base nécessaire pour appartenir à un groupe, être intégré, reconnu, considéré, respecté, défendre les valeurs communes, être solidaire et avoir des repères.

Signez la pétition

La journée de l’uniforme

21 septembre 2009

Dessin d'Éric Galland

Dessin d'Éric Galland

« Trois jours d’exclusion, c’est la sanction dont a écopé une lycéenne d’Etampes (Essonne) pour avoir malicieusement appelé ses camarades à braver le nouvel interdit scolaire. Car au lycée Geoffroy-Saint-Hilaire, on bannit le short, la minijupe, bref le court, et même les jeans troués », apprenait-on jeudi dans Le Parisien. Le nouveau proviseur a tenu à frapper un grand coup pour son arrivée dans l’établissement : désormais, les surveillants filtrent l’entrée du lycée, au grand dam d’une cinquantaine d’entre eux, qui contreviennent au nouveau règlement. Pourquoi ce qui est admis à l’entrée des boîtes de nuit ne l’est-il pas à celle de l’école ?

C’en était trop pour une lycéenne, qui a créé un groupe Facebook pour protester contre cette mesure et organiser une « journée du short » dans l’enceinte du lycée, en référence au film La Journée de la jupe où Isabelle Adjani interprète une prof en banlieue. Résultat : trois jours d’exclusion, donc.

Pour sa « défense », la direction de l’établissement rappelle qu’il faut respecter le règlement intérieur. Sans le dire, elle a imposé un code vestimentaire. On peut même aller plus loin et instaurer le port de l’uniforme à l’école. « Beaucoup de jeunes de par le monde vont en classe en uniforme et n’en sont pas traumatisés », comme le rappelait Aldric Boulangé, délégué général adjoint de SOS Éducation, dans une interview pour Femina.

En effet, le proviseur du lycée d’Étampes a tenu, comme nous le préconisons, à la sancturarisation des établissements pour que certaines tendances de la société (comme le port de vêtements courts) n’y entrent pas. En imposant un code vestimentaire, ce lycée ne fait que suivre l’exemple d’autres lycées français, aux Antilles et en Guyane, qui exigent un uniforme ou une tenue correcte de leurs élèves.

Roman Bernard

Super Pédago ose les couleurs !

11 septembre 2009
Dessin d'Éric Galland

Dessin d'Éric Galland

Toute ressemblance avec Philippe Meirieu serait purement fortuite.

Retrouvez Super Pédago sur Facebook et sur son blog.

L’uniforme, pour une bonne tenue

21 août 2009

Lors de la rentrée scolaire 2008, TF1 avait consacré un reportage au port de l’uniforme dans les écoles martiniquaises, où de nombreuses écoles, la majorité des collèges et la moitié des lycées ont adopté le principe de la tenue obligatoire. On voyait dans ce reportage des mères de famille se féliciter de l’avantage économique que cette solution représentait pour elles : « Ça revient moins cher d’acheter quelques tee-shirts, quelques pantalons pour toute l’année scolaire », disait l’une ; « Ça m’arrange au niveau du porte-monnaie, et puis il n’y a pas de discrimination à l’école au niveau des enfants, il n’y a pas de différences, c’est très bien », disait une autre.
Du côté des élèves eux-mêmes, même si deux d’entre eux avouaient préférer « s’habiller comme on veut » et « qu’il y ait des dessins, des marques » sur leurs vêtements, la majorité se montrait également favorables à l’uniforme : « Ça me permet de ne pas choisir de vêtements le matin, c’est un truc fixe », disait un garçon ; « Le matin, on ne se casse pas la tête pour aller chercher si on met ci ou on met ça », confirmait une jeune fille ; « Il n’y a pas de souci, je n’ai pas besoin de chercher quel vêtement je vais mettre demain… », ajoutait une autre.

Courant dans les Antilles et en Guyane, en France métropolitaine l’uniforme a disparu de la presque totalité des établissements scolaires publics – à l’exception de la Légion d’honneur et des six lycées de la Défense dépendant des armées de terre (La Flèche, Aix, Autun et Saint-Cyr ), de l’Air (Montbonnot Saint-Martin) et de la Marine nationale (Brest) – et de la très grande majorité des établissements privés. Il reste cependant à l’honneur dans quelques écoles hôtelières.

Lors d’un déplacement à Londres, en janvier 2009, Xavier Darcos s’était déclaré favorable à la réintroduction d’un code vestimentaire au sein des établissements : « dans certains établissements où il y a une très grande mixité sociale, de très grande disparités d’origine, on pourrait expérimenter en effet que les élèves aient tous les mêmes tee-shirts ou une tenue comparable », avait-il dit. « Si on n’appelle pas l’uniforme le retour à la blouse grise et que l’uniforme est sous forme d’un tee-shirt signe qui signale l’appartenance à l’établissement, je pense que ça met tous les élèves dans une situation d’égalité les uns par rapport aux autres. »
Cet argument, qui revient régulièrement dans la bouche ou sur la plume des partisans de l’uniforme scolaire, doit être complété. S’il est vrai, comme l’écrit l’ethnologue Yves Delaporte, directeur de recherche au CNRS, que « Dans toutes les sociétés, les hommes ont, à des degrés divers, fait usage du costume comme moyen de communication » (1), il est logique que l’adoption de l’uniforme ait des conséquences sur les rapports qu’entretiennent les élèves entre eux et avec les adultes, partant sur la discipline et la paix scolaires.

L’uniforme est en effet un facteur de concorde pour plusieurs raisons.
En évitant que les élèves ne se jugent par rapport aux vêtements et aux marques qu’ils portent, l’uniforme est un facteur de concorde et d’unité entre les élèves, d’autant plus puissant qu’il développe l’esprit de corps.
Pour les mêmes raisons, il réduit les vols et les violences au sein des établissements : on est davantage tenté de voler un vêtement de marque à la mode, qu’une pièce d’uniforme que l’on porte soi-même. De même, l’effacement des signes distinctifs de richesse limite les risques de racket.
Il contribue à différencier l’école du monde qui l’entoure. Cette « coupure » avec l’environnement – que critiquent d’ailleurs les adversaires de l’uniforme – est particulièrement bénéfique lorsque cet environnement est instable ou violent.
Il pacifie aussi les rapports entre les élèves de sexes différents, en évitant le port de tenues qui n’ont pas leur place au sein d’un établissement scolaire.
En cas d’intrusion extérieure, il permet d’identifier immédiatement les élèves qui n’appartiennent pas à l’école.
Il favorise la concentration des élèves en contribuant à créer une ambiance de travail.

Les élèves en souffrent-ils ? Daniel Faivre, Professeur à Courbevoie et syndicaliste du SNES, ne le pense pas : « J’ai participé à un jumelage scolaire entre le Lycée Paul Lapie de Courbevoie et le Lycée Sissowath à Phnom Penh », racontait-il dans la revue Medium à l’été 2006. « La comparaison était confondante : au Cambodge, les visages étaient joyeux, rieurs et les uniformes simples (pantalons et jupes bleu marine, chemises et chemisiers blancs) ajoutaient encore à cette impression de bonheur d’apprendre et de vivre. Les visages fermés, aux expressions désabusées, les allures traînantes, comme dégoûtées, le corps avachi, l’écoute ironique ou indifférente et enfin, pour couronner le tout (il est vrai qu’en France c’était l’hiver), vêtements unisexes, pantalon blouson, noir en majorité, tout laissait à penser aux Cambodgiens qu’un drame profond frappait la France ! Eh bien, oui… la « modernité », issue de la fameuse révolution des moeurs, allie à la fois, à l’école, un égalitarisme sexuel moralisateur et misandre et un laisser-aller disciplinaire (encore un mot interdit !), ainsi que vestimentaire. Rien d’heureux dans les visages, les allures, les paroles. Mais une névrose agressive qui court. Oui, un drame profond frappe les écoles en France. Certains de nos jeunes Courbevoisiens souriaient même avec condescendance de la naïveté, de la simplicité – être heureux d’aller à l’école! – de la « ringardise » des élèves cambodgiens. »
Certes, l’uniforme ne fait pas le bonheur, mais il semble qu’entre les enfants des survivants du génocide mis en œuvre par les Khmers rouges dans les années 70 et ceux des libertaires de 68, les plus heureux de vivre et d’apprendre ne soient pas les seconds !

Le Cambodge est délivré depuis longtemps de la tyrannie des Khmers rouges et les jeunes Cambodgiens ne se sentent pas plus enrégimentés que les élèves sud-coréens, philippins, malais, singapouriens, japonais, mexicains, australiens, néo-zélandais, américains, canadiens, irlandais, anglais, qui portent couramment l’uniforme. Au Canada et aux Etats-Unis, où l’uniforme restait majoritairement choisi par les écoles privés, il tend à se répandre dans les établissements publics, qui préféraient jusqu’à présent édicter un code vestimentaire.
Pourquoi ce qui est couramment et parfaitement admis dans de si nombreux pays serait-il inconcevable en France ? Reste à savoir à quoi pourrait ressembler un uniforme ou plus simplement un code vestimentaire, conçu pour une école publique française.

Si l’on considère les exemples privilégiés à l’étranger, en Australie, les garçons portent un pantalon ou un short, avec un pull, une chemise ou un tee-shirt, les filles une jupe ou une robe ainsi qu’un chemisier ou un tee-shirt. Peuvent s’y adjoindre un blazer, une cravate et un chapeau.
Au Japon, dans les établissements qui n’imposent pas l’uniforme traditionnel (gakuran ou saillir fucus), la tenue se constitue d’une chemise blanche, d’un pantalon, d’une veste et d’une cravate pour les garçons ; d’une jupe plissée, d’une veste, d’un pull sans manches et d’une cravate ou d’un nœud pour les filles.
En Grande-Bretagne, les élèves portent un blazer, une chemise bleue ou blanche, un pantalon ou une jupe noire ou bleu marine, un pull de même couleur, la cravate de l’école, des chaussures noires.

Il est également possible de s’inspirer des modèles français, comme celui adopté par le lycée technologique de Bonneveine, à Marseille : chemise, cravate, pantalon et chaussures de ville pour les garçons, tailleur gris pour les filles ; ou celui du collège privé Hautefeuille à Courbevoie : chemise ou polo blancs, pantalon gris ou noir, pull vert bouteille avec l’écusson du collège, chaussures de ville, cravate du collège ; ou encore le type d’uniformes en usage à la Martinique : tee-shirt blanc avec le logo de l’école, jupe écossaise pour les filles, pantalon en jean bleu pour les garçons.
Chaque établissement devrait rester maître de définir lui-même l’uniforme qui lui convient, en interdisant par ailleurs les tenues négligées (piercings, maquillage, coiffures à l’iroquoise, etc…) et en précisant les types de chaussures autorisés (pour éviter le port de chaussures de sport en dehors des heures consacrées à l’éducation physique).


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